← Retour au blog

OVHcloud: hausse des prix cloud et on-premise, la RAM et le stockage flambent avec l'IA

La tension sur la RAM, les disques NVMe et les HDD liée à l'IA fait grimper les coûts cloud, bare metal et on-premise. Le point avant les hausses OVHcloud annoncées.

Illustration de la hausse des prix OVHcloud liée aux coûts de RAM, stockage et composants

L’augmentation des prix d’infrastructure n’est plus une hypothèse. C’est en train de devenir une contrainte de planification.

Dans une publication LinkedIn récente, Octave Klaba, président d’OVHcloud, a détaillé une situation assez rare par son intensité: la demande liée à l’IA tire les GPU, les GPU tirent la mémoire, et les grands fabricants réorientent une partie de leur capacité vers la HBM, plus rentable, au détriment de la RAM standard DDR4/DDR5.

Selon les chiffres partagés dans cette publication, OVHcloud paierait en juin 2026 la RAM 6 fois plus cher qu’en juin 2025, avec une trajectoire attendue à x9 en septembre 2026 et des prévisions pouvant atteindre x12 début 2027. Le même message évoque aussi des hausses de l’ordre de x7 sur les disques NVMe, x3,5 sur les disques HDD, et des tensions à venir sur les puces, donc potentiellement sur les CPU, cartes mères et cartes réseau.

Ce n’est pas seulement une actualité OVHcloud. C’est un signal pour toute entreprise qui exploite une infrastructure: cloud public, bare metal, private cloud, colocation ou on-premise.

Pourquoi l’IA fait aussi grimper les coûts des infrastructures non-IA

Le point le plus important est là: une entreprise qui ne fait pas d’IA peut quand même subir le coût de l’IA.

Les modèles d’IA consomment massivement:

  • des GPU;
  • de la mémoire à haute bande passante;
  • de la RAM serveur;
  • du stockage rapide;
  • des capacités datacenter;
  • de l’énergie;
  • du réseau.

Les fabricants de mémoire et de stockage arbitrent donc leur capacité de production. Si la HBM et les composants orientés IA sont plus rentables, ils prennent de la place dans les usines, dans les contrats d’approvisionnement et dans les priorités de livraison.

Les analystes suivent le même phénomène depuis plusieurs mois. TechRadar relayait déjà fin 2025 les alertes d’Octave Klaba sur une hausse attendue des prix cloud liée à la RAM et aux disques NVMe. Tom’s Hardware, à partir de données TrendForce, a ensuite rapporté des hausses très fortes sur la DRAM et la NAND en 2026, avec une tension qui pourrait durer jusqu’en 2027 ou 2028 faute de nouvelle capacité disponible rapidement.

La conséquence est simple: le marché entier se retrouve en concurrence avec les datacenters IA.

Le calendrier annoncé: le sujet est maintenant

Dans la publication d’Octave Klaba, le calendrier opérationnel est clair:

  • début juillet 2026: changement des prix des options RAM et disques pour les nouvelles commandes;
  • début septembre 2026: changement des prix des offres de génération actuelle et de génération précédente pour les nouvelles commandes;
  • début octobre 2026: changement des prix pour les clients existants sur ces deux dernières générations;
  • fin juillet ou début août: communication plus détaillée attendue.

Autrement dit, la hausse viserait les deux dernières générations de chaque gamme, par exemple Advance Gen4 et Gen3, ou Scale Gen3 et Gen2. Le message indique aussi que les gammes plus anciennes ne seraient pas impactées dans le même mouvement, par exemple Kimsufi, Rise, Advance Gen2/Gen1 ou Scale Gen1, selon les exemples donnés.

Mais il ne faut pas lire cela comme une invitation à ne rien faire. Si votre production repose sur des générations récentes, des options RAM ou stockage importantes, ou des projets d’extension prévus en 2026-2027, le sujet doit être traité avant la rentrée.

Renouveler 12, 24 ou 48 mois: une option à étudier sérieusement

OVHcloud indique qu’il est possible de conserver les prix actuels en renouvelant certains services avec un paiement upfront sur 12, 24 ou 48 mois.

Pour une entreprise qui sait qu’elle gardera la même infrastructure, cette option peut être très intéressante. Elle permet de figer un coût sur la période et d’éviter une partie de l’augmentation attendue après septembre 2026. Dans un contexte où Octave Klaba anticipe une situation exceptionnelle jusqu’en 2028, la visibilité budgétaire a une vraie valeur.

Mais il ne faut pas renouveler mécaniquement.

Avant de s’engager sur 24 ou 48 mois, il faut vérifier:

  • les services réellement critiques;
  • les serveurs sous-utilisés;
  • les machines surdimensionnées;
  • les options RAM ou stockage qui peuvent être optimisées;
  • les dépendances entre générations matérielles;
  • la trajectoire de croissance;
  • les risques de migration à court terme;
  • les besoins de haute disponibilité;
  • les sauvegardes et le PRA;
  • les clauses exactes de renouvellement.

La bonne question n’est pas seulement “doit-on payer d’avance ?”. La bonne question est: quels services méritent d’être figés, lesquels doivent être optimisés, et lesquels devraient être remplacés avant de verrouiller le budget ?

Cloud, bare metal, on-premise: les mauvaises surprises possibles

Pour le cloud public, le risque est visible: hausse de prix, évolution de grille, options plus chères, instances plus coûteuses, stockage qui augmente, remises moins confortables.

Pour le bare metal, le risque est souvent plus brutal: le serveur que l’on commandait facilement il y a un an peut devenir plus cher, moins disponible, ou plus long à obtenir. Les options RAM et disques deviennent structurantes dans le chiffrage.

Pour l’on-premise, le problème se voit différemment:

  • un renouvellement serveur prévu en fin d’année peut sortir du budget;
  • un projet de cluster peut devenir plus cher que prévu;
  • un spare disque ou RAM peut coûter beaucoup plus cher;
  • certains composants peuvent avoir des délais;
  • le remplacement préventif peut être repoussé, donc augmenter le risque;
  • une extension de capacité peut devenir une vraie décision financière.

Le risque principal n’est donc pas uniquement la hausse. C’est la surprise: découvrir trop tard que le budget 2026-2027 ne tient plus.

Faire le point avant de figer ou subir

Nous recommandons de traiter cette séquence comme un mini-audit infrastructure.

Il faut commencer par l’inventaire:

  • quelles ressources sont en production ?
  • quelles gammes et générations sont concernées ?
  • quelles options RAM, NVMe et HDD sont facturées ?
  • quels engagements arrivent à échéance ?
  • quels services doivent rester identiques 12 à 48 mois ?
  • quels projets d’extension sont déjà prévus ?
  • quelles charges peuvent être consolidées ?
  • quelles sauvegardes consomment le plus ?
  • quelles données doivent rester sur stockage rapide ?

Ensuite seulement vient l’arbitrage.

Certaines ressources doivent probablement être renouvelées rapidement pour figer les prix. D’autres doivent être réduites, migrées, consolidées ou modernisées avant de prendre un engagement. Dans quelques cas, il peut être plus pertinent de basculer vers un private cloud mieux dimensionné ou vers une architecture hybride plus lisible.

L’optimisation ne doit pas casser la résilience

Quand les coûts montent, la tentation est forte de réduire vite: moins de RAM, moins de disques, moins de redondance, moins de sauvegardes, moins de marge.

C’est précisément là qu’il faut rester prudent.

Une infrastructure moins chère mais moins résiliente peut coûter beaucoup plus cher au premier incident. La bonne optimisation doit distinguer:

  • la capacité réellement inutile;
  • la marge nécessaire en cas de panne;
  • le stockage froid et le stockage critique;
  • les environnements de test et la production;
  • les sauvegardes indispensables et les rétentions excessives;
  • les ressources surdimensionnées et les ressources de sécurité.

On peut souvent réduire des coûts sans fragiliser la production. Mais cela demande de regarder les métriques, les dépendances, les RTO/RPO et les scénarios dégradés.

Ce que nous regarderions chez un client OVHcloud

Sur un périmètre OVHcloud ou bare metal proche, notre lecture serait très concrète:

  • lister les serveurs Rise, Advance, Scale et leurs générations;
  • identifier les options RAM/disques exposées aux hausses;
  • vérifier les renouvellements possibles avant les échéances annoncées;
  • mesurer l’utilisation réelle CPU/RAM/stockage;
  • isoler les workloads qui méritent d’être figés 12/24/48 mois;
  • repérer les machines héritées qui coûtent trop cher pour leur rôle;
  • vérifier la stratégie de sauvegarde;
  • s’assurer que le PRA ne dépend pas d’un seul fournisseur ou d’une seule gamme;
  • comparer maintien, renouvellement, migration ou consolidation;
  • documenter une trajectoire budgétaire jusqu’en 2028.

Ce travail ne sert pas à acheter plus. Il sert à décider avant que la grille tarifaire décide pour vous.

Notre lecture chez Forget About IT

La hausse des composants confirme un point que nous défendons depuis longtemps: l’infrastructure doit être pilotée, pas seulement consommée.

Le cloud apporte de la souplesse, mais il ne supprime pas l’économie matérielle. Le on-premise donne du contrôle, mais il ne protège pas de la hausse RAM/NVMe/HDD. Le bare metal peut être très compétitif, mais il demande une vraie stratégie de renouvellement.

Dans ce contexte, notre rôle consiste à aider les entreprises à:

  • comprendre leur exposition réelle;
  • choisir quoi renouveler immédiatement;
  • éviter les engagements inutiles;
  • optimiser sans casser la disponibilité;
  • préparer un budget 2026-2028 réaliste;
  • construire une architecture exploitable dans la durée.

L’annonce d’OVHcloud n’est pas seulement une mauvaise nouvelle tarifaire. C’est aussi une occasion de remettre l’infrastructure à plat avant une période de volatilité qui pourrait durer.

Conclusion

La flambée des prix de la RAM, du NVMe et des HDD liée à l’IA ne touche pas seulement les acteurs de l’IA. Elle concerne toute la chaîne: cloud, bare metal, private cloud et on-premise.

Si votre infrastructure repose sur OVHcloud, ou sur des composants similaires chez un autre provider ou dans vos propres salles, le bon réflexe est de faire le point maintenant. Les renouvellements 12, 24 ou 48 mois peuvent être une excellente protection budgétaire, mais seulement sur un périmètre maîtrisé.

Avant septembre 2026, il faut savoir ce que vous gardez, ce que vous optimisez, ce que vous migrez et ce que vous acceptez de payer plus cher. Attendre octobre, c’est souvent perdre la main sur l’arbitrage.

Sources

FAQ: OVHcloud, IA et hausse des coûts infrastructure

Pourquoi les prix cloud et on-premise augmentent-ils avec l’IA ?

La demande IA absorbe une part croissante de la production de mémoire, GPU et stockage. Les fabricants privilégient les composants les plus rentables, ce qui réduit la disponibilité des composants classiques et fait monter les prix côté cloud, bare metal et on-premise.

La hausse annoncée par OVHcloud concerne-t-elle seulement le cloud public ?

Non. Les gammes citées comme Rise, Advance ou Scale relèvent surtout du bare metal. Le signal concerne plus largement toutes les infrastructures qui dépendent de RAM, disques NVMe, HDD, CPU, cartes mères et cartes réseau.

Faut-il renouveler ses services OVHcloud sur 12, 24 ou 48 mois ?

Cela peut être pertinent si l’infrastructure est stable, bien dimensionnée et appelée à rester en place. Il faut toutefois vérifier le périmètre, les engagements, la trajectoire technique et les risques avant de figer un budget pluriannuel.

Que doit faire une entreprise avant les prochaines hausses ?

Elle doit auditer ses ressources, ses contrats, ses marges de capacité, ses sauvegardes, son PRA et ses projets de croissance pour décider quoi renouveler, quoi optimiser et quoi moderniser avant de subir une hausse.

Articles recommandés